« Trrrrrc »… Ce son vous dit quelque chose ? C’est celui du roulement râpeux continu des crécelles. Bienvenu(e)s en Moselle durant la semaine pascale car ici, cette tradition ancienne continue de faire résonner les villages ! Si pour certains habitants, le sens de cette coutume peut sembler flou, elle demeure pourtant solidement ancrée dans le patrimoine local et est portée avec fierté par les jeunes générations.

Les crécelleurs, souvent des enfants ou des jeunes adolescents, parcourent les rues munis de crécelles — ces instruments en bois au bruit sec et rythmé. Leur rôle est de remplacer les cloches des églises, silencieuses du jeudi soir au samedi saint, en signe de deuil dans la tradition chrétienne. Durant ces quelques jours, les crécelles marquent les Angélus, matin , midi et soir, appelant symboliquement les fidèles à la prière. Cette année, ils étaient au maximum une dizaine d’enfants, venus de Ricrange et Ottonville, à faire vivre cette tradition dans le village.

Le groupe de crécelleurs ; filles et garçons au service de la tradition
Thibault Gartner, Andrew Aparicio, Emma et Léa Caputo, Antoine et Lisa Bailly, Elena Reinartz, Lou et Charlotte Delon ou encore Flavie Schneider : une partie du groupe qui a sillonné les rues avec leurs crécelles. Tout le monde n’est pas sur la photo mais un immense merci à tous !

Autrefois, seuls les enfants de chœur étaient autorisés à participer à cette pratique. Mais aujourd’hui, la tradition s’est ouverte : tous les enfants sont désormais les bienvenus pour faire résonner les crécelles et perpétuer ce rituel. Bien plus qu’un simple rituel sonore, cette pratique est aussi un héritage familial. Les crécelles se transmettent de génération en génération, parfois d’oncle à neveu, ou de grand-père à petite-fille. Chaque instrument porte ainsi une histoire, un lien entre passé et présent, et témoigne de l’attachement des familles à cette tradition.

Si la signification religieuse de l’événement est aujourd’hui parfois méconnue, certains continuent d’en préserver le sens profond. Ils rappellent que ce silence des cloches symbolise la mort du Christ, tandis que leur retour, le dimanche de Pâques, célèbre la résurrection. Et justement, en ce dimanche 5 avril 2026, les cloches vont à nouveau résonner dans les villages de Moselle. Après plusieurs jours rythmés par le claquement des crécelles, leur son marque la fin du silence et le retour à la joie pascale.

Ainsi, entre transmission, foi et identité locale, les crécelleurs perpétuent une tradition qui, loin de disparaître, continue de faire vibrer le cœur des Ottonvillois et Ricrangeois.

Crédit photo : Karine Mehl

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